Ils déportent

Depuis 2011, les bombes et la répression du régime de Assad ont entraîné le déplacement de 11,3 millions de Syriens, soit plus de 50% de la population de 2011 (avec 5 millions d'exilés et 6,3 millions de déplacés en interne).
Parmi ces déplacés, environ 100 000 ont été déportés : il s’agit de femmes, d’hommes et d’enfants qui vivaient dans des zones ayant subi un siège et des bombardements très intenses, à la suite de quoi des « accords de réconciliation locale » ont été imposés par le régime et ses alliés aux groupes armés.

Ce nombre ne prend en compte que très partiellement le nombre de personnes touchées par un siège et des bombardements intenses car nombre d’entre elles ont souvent fui avant "l'accord" de déportation. Par exemple à Alep, le siège imposé en août 2016 sur les quartiers Est a touché plus de 250 000 personnes pendant plusieurs mois. Mi-décembre, "seules" 40 000 personnes, restaient, et ont été déportées. 

Le premier accord de transfert a vu le jour en mai 2014, à Homs, après deux ans d’encerclement, de famine et de bombardements systématiques des populations. Mais c’est depuis l’été 2016 que cette politique de déportation est devenue systématique, avec plus de 92000 déportés en  moins de 10 mois : plusieurs localités dans la banlieue et la campagne de Damas ont été évacuées (comme Daraya, après 4 ans de siège intense, et 90% de l’infrastructure détruite, la vallée du Barada, les Quartiers de Barzé et Qaboun), le quartier d’al-Waer à Homs (avec plus de 21000 personnes déportées évacuées entre mars et mai 2017), d’autres localités plus éparses (Sahnaya, Moadhamiyat, Madaya…).

 Des déplacements qui entraînent, en plus de tous les traumatismes, une destruction totale du tissu social et civil. Des déplacements forcés interdits par nombre de textes nationaux et internationaux… sur le papier. Des déplacements qui se sont même parfois faits sous le regard « observateur » de l’ONU ; l’ONU dont l’aide humanitaire n’est quasiment jamais arrivée jusque dans ces zones assiégées.
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